Atelier TRACT

ADZALO Kossi Gerard, LARSH, Université Polytechnique des Hauts-de-France, elikplimadzalo@gmail.com 

Rereading Translation Studies: Decentering of Writing from an Emancipatory Perspective 

This paper examines the concept of Decentering of Writing (1973) as a potential strategy for emancipation within translation studies, demonstrating how it can move beyond the traditional binaries that have long structured the discipline. As theorized by Meschonnic, this approach considers how the linguistic structure and rhythm of a source text are rendered in translation (Meschonnic 308). Historically, Translation Studies have been shaped by source- oriented vs. target-oriented approaches (Ladmiral 2014) and domestication vs. foreignization (Venuti 1998). While some frameworks emphasize form, syntax, and signifiers of the original text (Ladmiral 58, 186), others prioritize fluency in the target text, often obscuring traces of the source (Venuti 15). Such binaries, though influential, seem to limit translators’ possibilities. In this context, how can Decentering Writing transcend these binaries? To what extent can it foster emancipation? How can it reposition translation as a central discipline rather than a secondary activity? Through a comparative methodology, this paper analyses different theoretical frameworks to demonstrate how emancipatory Decentering Writing could be. By examining selected English literary texts, the study highlights the constraints imposed by traditional binaries. Ultimately, this paper investigates how Decentering Writing might redefine translation studies, positioning it as a central discipline. 

References 

Meschonnic, Henri. Pour la Poétique du traduire. Gallimard, 1999. 

Ladmiral, Jean-René. Sourcier ou Cibliste. Les profondeurs de la Traduction. 2e éd., Les Belles Lettres, 2014 

Venuti, Lawrence. The Scandals of Translation: Towards an Ethics of Difference. Routledge, 1998. 

Biobibliographie 

ADZALO Kossi Gerard is a PhD holder in English Translation Studies. His thesis is entitled “Errors of translation, Untranslatable, Decentering of writing and Littérature-monde: Ahmadou Kourouma, Chinua Achebe and Wole Soyinka.” His research explores how “errors,” power dynamics, and strategic choices influence the mediation of these texts, highlighting the pivotal role of translators as cultural intermediaries. His research has already resulted in publications such as « Translation as a bridge tool between minority and majority cultural areas » and « Traduire le double langage : double jeu et double sens », reflecting his ongoing focus on the intersection of translation, culture, and literary mediation. 

BRISSET Frédérique, CECILLE, Université de Lille, frederique.brisset@univ-lille.fr 

Traduction audiovisuelle : s’émanciper de la VO ? 

La traduction audiovisuelle apparaît comme particulièrement contrainte, notamment pour ce qui est du doublage : synchronisations labiale, temporelle, kinésique imposent des paramètres a priori incontournables aux adaptateur.ices audiovisuel.les. Pourtant ce mode de traduction fut privilégié par les régimes totalitaires (France vichyste, Allemagne hitlérienne, Espagne franquiste ou Italie mussolinienne pour les pays européens) conscients de ses potentialités en termes de censure et réécriture des dialogues de versions originales de productions étrangères, bien avant l’intelligence artificielle. Loin de ces visées, des cinéastes se sont livrés à des détournements ludiques tel Woody Allen, ou expérimentaux comme Jean-Luc Godard, de dialogues de films, qui illustrent les opportunités d’émancipation traductive qu’offre le doublage ou le sous-titrage audiovisuel. On propose d’étudier comment ces pratiques permettent de naviguer entre contraintes et libertés de l’adaptateur et stimuler l’écriture cinématographique, comment, enfin, elles sont indissociables d’une réflexion sur la combinaison entre canaux audio et visuel dans la création du sens filmique. On s’appuiera pour ce faire sur les apports de la traductologie, des études filmiques, des théories de la réception et de la sémiologie, en partant d’une sélection de films issus des cinémas anglophones. 

Biobibliographie 

MCF honoraire en traduction-traductologie (CECILLE Lille), associée au TRACT (Sorbonne Nouvelle), docteure (études anglophones), agrégée d’anglais. Spécialiste de cinéma américain, traduction audiovisuelle, traductologie, a codirigé les numéros de LexisHumour et créativité lexicale (2021), Genre et lexique (2025), et Palimpsestes 17 sur la traduction des sens dans le texte filmique (2017). 

« Des mots et des mets de l’anglais au français : doubler le culinaire dans les films américains », Traduire le culinaire, M. Mariaule & S. Trainor, dirs, Arras, Artois PU, à paraître. 

« Voyager par la langue : fonctions et autotraductions du pérégrinisme français en fiction et non-fiction anglophone », Palimpsestes 37, 2024, 120-138. 

« Traduire « minstrel » et « blackface » en français : mission impossible ? », Meta 68 (2), 2024, 265-287. 

« Nom propre et désignateur rigide, la traduisibilité de l’onomastique au prisme du cinéma », Lexis 20, 2022. 

BUHL Virginie, CRIT, Université Marie et Louis Pasteur, et membre associée de TRACT, virginie.buhl@univ-fcomte.fr  

L’émancipation comme modus operandi : déplier les strates d’un objet de recherche complexe et déployer un discours de recherche-création en stylistique et traduction autour de Room d’E. Donoghue 

La thématique de l’émancipation est la pierre angulaire de Room, le roman d’une enfance en captivité écrit par Emma Donoghue. Son personnage principal est prénommé Jack, comme le jeune héros de Jack and the Giant Beanstalk – un conte que Bruno Bettleheim a analysé en termes d’émancipation et de prise d’autonomie. L’histoire racontée dans ce roman sera celle d’une évasion, mais avant cela, son récit défamiliarisant se déploie comme une parole littéraire atypique : E. Donoghue y a créé un artéfact esthétique qui s’écarte des normes de la langue standard pour faire émerger un style enfantin. Véhicule de la perspective et de l’imaginaire d’un « enfant sauvage » qui n’a jamais vécu que dans l’intimité forcée d’un abri de jardin, avec sa jeune maman captive elle aussi, cette voix narrative est un tremplin vers l’émancipation littéraire : elle permet à Room d’échapper au fait divers sordide pour revêtir une dimension philosophique, devenant ainsi une réflexion sur la nature du langage et de la cognition. La retrouve-t-on dans l’adaptation à l’écran qui a été primée aux Oscars ou se perd-elle dans la traduction intermédiale dont le scénario a pourtant été écrit par Emma Donoghue ? Cette étude me permettra aussi d’aborder la question de l’émancipation de la voix et du discours d’une chercheuse en stylistique et traduction : ma thèse sur la défamiliarisation au prisme de la voix de l’enfant-narrateur en anglais et en français, m’a permis, progressivement, de m’émanciper de certaines des contraintes méthodologiques et discursives qui encadrent la pensée scientifique. Supports et garde-fous épistémologiques, les usages universitaires me sont également apparus, à un stade avancé de mes recherches doctorales, comme un frein voire comme un fardeau incapacitant ma réflexivité de chercheuse-praticienne en traduction et traductologie. J’ai donc fait le choix d’assumer pleinement ma démarche de recherche création et d’artiver mon discours de chercheuse, sur le mode de l’émancipation littéraire. Quels cadre et limites s’imposer dans cette aventure émancipatrice dont le socle reste la recherche universitaire ? 

Biobibliographie 

Virginie Buhl est MCF à l’Université Marie et Louis Pasteur à Besançon. Elle se partage entre la recherche-création en traductologie sur corpus littéraires et la didactique de la traduction professionnelle en filière LEA. Ancienne élève de l’ENS Fontenay-St-Cloud (aujourd’hui ENS Lyon), elle enseigne l’anglais, la traduction et donne des ateliers d’écriture créative. Agrégée d’anglais et titulaire d’un doctorat en recherche-création et traductologie de l’ESIT-Paris 3 Sorbonne Nouvelle, elle est traductrice littéraire indépendante et ses traductions sont publiées par plusieurs éditeurs français, dont Noir-sur-Blanc, Buchet-Chastel, Leduc-Charleston, Payot-et-Rivages. 

COSTE Bénédicte, Université Bourgogne Europe, bncoste@free.fr 

S’émanciper du texte, des pratiques traductives ou éditoriales ? Ou s’émanciper de l’histoire de la traduction ? Recension et traduction fin de siècle 

Ma communication porte sur un genre journalistique où abondent les traductions fragmentaires au 19e siècle : la recension littéraire. A partir de la pratique du journaliste et traducteur qu’est Theodor de Wyzewa dans la Revue des deux mondes, j’essaierai de caractériser ces traductions ENG-FRE, dont certaines sont assez substantielles, comme synthétiques ou synthétisantes. Si leur qualité est rarement prise en défaut, il en va tout autrement de leur structuration : des essais ou des romans qu’il présente à un lectorat français, Wyzewa choisit de traduire quelques phrases ou quelques paragraphes sans indiquer forcément les coupures opérées sur le texte original. Dans un second temps, en élargissant mon corpus, je m’interrogerai sur les caractéristiques des traductions ENG-FRE dans les recensions en périodiques de la fin de siècle. Les traductions sont rarement étudiées dans le contexte de leur apparition sous forme fragmentaire dans des recensions. Quels sont les impératifs et les contraintes éditoriales auxquelles ces traductions font face ? Existe-t-il une esthétique de la traduction dans les recensions ? Est-elle propre à un auteur, à un écosystème médiatique comme les revues fin de siècle ? Enfin, est-il possible de délimiter un champ de recherches à l’intersection de l’histoire des périodiques et de la traduction, voire de la traduction en périodiques ?  

Biobibliographie 

Bénédicte Coste enseigne la traduction, la littérature et la culture victorienne à l’Université de Bourgogne. Sa recherche porte essentiellement sur Walter Pater et sur la traduction ENG-FRE et FRE-ENG dans les périodiques français et britanniques. Avec Caroline Crépiat, elle a créé la ‘Décabase’, base de données dépouillant 10 revues françaises entre 1880 et 1914 pour identifier les traductions d’auteur·trice·s britanniques. 

Bénédicte Coste, « Periodicals and Translation », Cahiers victoriens et édouardiens [En ligne], 100 Automne | 2024, mis en ligne le 01 novembre 2024, consulté le 30 novembre 2025. URL : http://journals.openedition.org/cve/15156 ; DOI : https://doi.org/10.4000/132rc  

FARKAS Márton, Université Paris-Dauphine et Université Sorbonne Nouvelle, marton.farkas@dauphine.psl.eu 

Dealing Krasznahorkai in translation 

The reception of László Krasznahorkai’s œuvre in the English-speaking world is a textbook example of canon formation in late advanced capitalism: of the entry of a work from a so-called minor literature to the circulation of what defines world literature. From a Susan Sontag blurb always ready to champion a vaguely late modernist aesthetic to the hagglers’ backrooms at the Frankfurt Book Fair and, eventually, to the entrails of the Swedish Academy with predictably similar tastes. According to his first English translator, George Szirtes, Krasznahorkai’s work apparently needed to be emancipated from the confines of Hungarian writing: ‘compressed and landlocked, occasionally a touch provincial in imagination, booby-trapped with anxieties and melancholy.’ Unlike, however, with other ‘discoveries’ from the European peripheries, such as the works of Ismail Kadare or Sándor Márai, Krasznahorkai’s texts did not need to be emancipated from a double or intermediary translation. For Krasznahorkai, an all too great marketing tool, if not a fetish, for highbrow, late modernist writing, a single stylistic feature sealed the deal: the long sentence. In my presentation I will dwell on a Krasznahorkai sentence in English to ponder the terms of his contract. 

Biobibliographie 

Having received his PhD from Harvard University, Márton Farkas is currently ATER at the Université Paris – Dauphine and member of PRISMES at the Université Sorbonne Nouvelle. His book manuscript is titled Parallel Members. Parallelism, Translation and Sacred Poetry (1741-1929). 

LAWRENCE Heathir, Université Sorbonne Nouvelle et Ecole Normale Supérieure (Paris), heathir.lawrence@sorbonne-nouvelle.fr  

Emancipating the Senses: Embodiment, Sound, and Perception in the French Translations of a Gothic Romance 

This paper examines how translation emancipates the sensory experience of Gothic Romance by tracing how cultural and linguistic constraints generate creative shifts in the French reader’s perception of fear, space, and sound. Through a contrastive analysis of selected passages from Ann Radcliffe’s The Mysteries of Udolpho (1794) and its French translation, Les Mystères d’Udolphe (1797), I argue that translation does not simply reproduce or deviate from a source text, but actively reconfigures the reader’s sensory and affective experience. The French version reorganizes the auditory regime by attenuating or clarifying sounds, modifying echoes, and identifying their sources; it also alters spatial perception by stabilizing distance, visibility, and orientation. In doing so, it reshapes the rhythm of fear that underlies Radcliffe’s aesthetics. By resolving some of the perceptual indeterminacies that structure the English text, the translation substitutes increased legibility for a regime of uncertainty. This process cannot be reduced to mere “adaptation” or “appropriation”; it constitutes a phenomenological transformation of reading, in which the translator acts upon perception itself. Emancipation thus appears less as a departure from fidelity than as a reorientation of the conditions through which meaning, sensation, and genre experience emerge — an operation that also shaped the early French reception of Radcliffe’s work by altering how her Gothic was felt and understood. 

Biobibliographie 

Heathir Lawrence-Monassa is a PhD candidate in English Literature and Translation Studies at the Sorbonne Nouvelle, under the supervision of Bruno Poncharal (professor emeritus). Her dissertation research contrasts how emotional regimes and sensory perception are constructed in Ann Radcliffe’s romances and reshaped in their French translations, revealing how cultural transfer transformed Gothic aesthetics in Revolutionary France. She is currently maîtresse de langue anglaise at the École normale supérieure (rue d’Ulm), where she teaches English language, literature, and translation. Her research interests center around Gothic Romance and Fantasy, enunciative theory, phenomenology of reading, sound and perception in narrative, and the translation of sensitive and affective experience. 

LE GALL Camille, Université Toulouse Jean-Jaurès, camille.le-gall@univ-tlse2.fr 

Retraduction et émancipation : comment retraduire la voix atypique de Benjy après Maurice-Edgar Coindreau dans le roman canonique The Sound and the Fury ? 

The Sound and the Fury de William Faulkner (1929) a été traduit par Maurice-Edgar Coindreau en 1938. Ce dernier a longtemps été considéré comme le traducteur phare de la maison d’édition Gallimard. Sa traduction du Bruit et la fureur a uniquement fait l’objet d’une révision par Michel Gresset avant d’être éditée pour la Pléiade en 1977. Plus de 80 ans après cette première traduction, Charles Recoursé entreprend de retraduire cette œuvre si importante, toujours pour Gallimard, et sort en novembre 2025 sa nouvelle traduction du roman. Dans le texte source, la voix muette et impossible de Benjy Compson, qui ouvre le roman dans un monologue à la première personne, est mise au point par l’écrivain sudiste et moderniste pour refléter une compréhension atypique du temps et de l’espace, en lien avec le handicap cognitif du personnage. Sa voix est construite au moyen d’une expérimentation stylistique et syntaxique complexe et cohérente, expérimentation qui n’a pas été reproduites par Coindreau dans sa traduction, ayant lui-même écrit que les différences syntaxiques structurelles entre l’anglais et le français ne pouvaient être dépassées. Nous nous demanderons si la traduction de Charles Recoursé suit le schéma proposé par Antoine Berman selon lequel la retraduction présente de plus grandes potentialités, dans le sens d’une « rencontre entre la langue de l’original et celle du traducteur ». 

Biobibliographie 

Camille Le Gall vient de soutenir sa thèse en traductologie et littérature américaine à l’Université Toulouse Jean Jaurès. Elle a écrit sur la représentation et la (re)traduction des voix marginales en français dans quatre romans du Sud des États-Unis (The Sound and the Fury, Their Eyes Were Watching God, The Member of the Wedding, The Heart is a Lonely Hunter). Ces voix marginales sont variées, allant des voix africaines américaines aux voix queer ou encore handicapées. Elles donnent lieu à une étude de la traduction des sociolectes et des idiolectes, de leurs dimensions poétiques et politiques, et de la chronologie de leurs traductions en lien avec ces problématiques. Camille Le Gall co-coordonne le réseau de recherche « Traduire les Voix Minorisées » depuis 2021. 

LOISON-CHARLES Julie, Université Sorbonne Nouvelle, julie.loison-charles@sorbonne-nouvelle.fr  

Entre justesse et justice : traduire la transidentité dans le roman jeunesse Too bright to see 

Narré à la première personne par « Bug », Too bright to see se présente de prime abord comme une histoire de fantôme mais aussi de deuil (Bug vient de perdre son oncle). Cependant, il s’oriente progressivement vers la question de la transidentité puisque c’est l’oncle décédé qui revient hanter Bug pour l’aider à comprendre sa vraie identité. Pour ma traduction vers le français, langue qui est grammaticalement plus genrée que l’anglais, il s’agissait de savoir si la traduction devait s’émanciper de la binarité de la langue française, et surtout quand : même si le thème de la transidentité n’apparaissait que tardivement, il a parfois été nécessaire, dès le début du roman, d’éviter de genrer Bug. Après un aperçu des potentialités créatives existant en français pour écrire le genre grâce à la littérature des cinq dernières années, j’interrogerai la notion de « fidélité » grâce aux termes « justesse » et « justice », associés par Samoyault dans Traduction et Violence : il s’agissait de traduire avec justesse les mots du texte, mais également de faire justice à l’identité de Bug.  

Biobibliographie 

Julie Loison-Charles est Maîtresse de Conférences HDR en traduction à l’Université Sorbonne Nouvelle. Sa recherche porte principalement sur le multilinguisme en traduction littéraire et audiovisuelle. En traduction littéraire, elle a édité plusieurs volumes collectifs et a publié deux monographies sur Vladimir Nabokov. En traduction audiovisuelle, elle a écrit un article sur la non-binarité et sa traduction dans les séries contemporaines anglophones (in Meta 69 : 3). Ses deux premières traductions en littérature jeunesse paraîtront en 2026 chez On ne compte pas pour du beurre (Too bright to see, de Kyle Lukoff) et Oxalide Editions (Tibs The Post Office Cat, de Joyce Dunbar).  

WILHELM Jane Elisabeth, CNRS, Université Paris 8 et Université Paris Nanterre, janewilhelm@bluewin.ch  

Le modèle herméneutique de la traduction selon Lawrence Venuti par opposition au modèle instrumental 

Près d’un quart de siècle après ses premiers livres ayant exercé une grande influence, notamment The Translator’s Invisibility: A History of Translation (1995), Lawrence Venuti redéfinit les fondements de la traduction dans Contra Instrumentalism: A Translation Polemic (2019). Si sa première dichotomie ou stratégie, restée célèbre, est « domestication and foreignization », cette seconde est « instrumentalism and hermeneutic ». Il soutient ainsi que le champ de la traduction est dominé par un modèle instrumental de la traduction comprise comme la reproduction ou le transfert d’un invariant qui se trouverait dans le texte source, que ce soit au niveau de la forme, de la signification ou de l’effet produit. Cette approche, dont il nous exhorte à nous émanciper, représente un réel danger selon lui, non seulement en raison de son hégémonie, mais aussi parce qu’elle a simplifié à outrance la recherche et la pratique de la traduction. Dès lors, il prône un modèle qu’il nomme « herméneutique » comme acte d’interprétation. Par ce livre, l’auteur entre de plein pied dans le débat philosophique contemporain (notamment français avec Barbara Cassin) de la question de l’intraduisibilité. Si l’on considère le potentiel créatif de la traduction, son analyse du proverbe de Derrida, « Rien n’est intraduisible en un sens, mais en un autre sens, tout est intraduisible » dans le chapitre intitulé « Proverbs of Untranslatability », est particulièrement pertinente. 

Biobibliographie 

Jane Elisabeth Wilhelm a enseigné la traduction et la littérature, la langue et la civilisation françaises dans plusieurs universités au Canada et en Suisse. Titulaire d’un doctorat en littérature comparée (Ph.D.) de l’Université de Montréal, elle est aussi traductrice (français-anglais) et membre de l’Association Suisse des Traducteurs, Terminologues et Interprètes (ASTTI). Elle a été Marie Curie Fellow rattachée à l’Université Sorbonne Nouvelle, et est actuellement Chercheuse associée à l’équipe LEGS – UMR 8238 CNRS – Université Paris 8. Ses domaines de recherche sont l’histoire et les théories de la traduction, le genre en traduction, l’herméneutique dans ses rapports avec la traduction, la traduction littéraire et l’interculturalité. Parmi ses publications :  

« Des métaphores de genre en traduction – vers un nouvel ‘imaginaire social’ », de genere (Journal of Literary, Postcolonial and Gender Studies), no 5, 2019 : 

https://www.degenere-journal.it/index.php/degenere/article/view/116/108

« Anthropologie des lectures féministes de la traduction », TTR (TraductionTerminologieRédaction), XXVII.1, 2014, 149-188 ; DOI https://doi.org/10.7202/1037122ar