Jeudi 4 juin • 14h – 15h30
| Panel 1 Sortir de Babel – Polyglottes, interprètes et traducteurs dans l’espace atlantique à l’époque moderne (1450-1850) Amphithéâtre Agnès Varda |
Organisation
Charles BRASART (Nantes Université, LLING UMR6310)
Aurélie GODET (Nantes Université, CRINI)
Résumé
De l’âge des « découvertes » à l’âge des Révolutions, les nations européennes, les colonies américaines et les espaces côtiers africains furent le lieu d’intenses mises en contact entre locuteurs de langues diverses. Durant cette période, polyglottes, traducteurs et interprètes furent bien plus que de simples intermédiaires linguistiques : ils furent des acteurs-clés des dynamiques atlantiques, influençant les échanges économiques, politiques et culturels entre Afrique, Europe et Amériques. Partant de ce constat, cet atelier propose de réunir spécialistes de civilisation, littérature, traductologie et linguistique pour réfléchir ensemble à la place et au rôle des langues dans la construction des sociétés atlantiques à l’époque moderne, en faisant entrer en dialogue les méthodologies et les sources primaires de leurs disciplines respectives.
Thématiques
Le quotidien linguistique, en particulier le multilinguisme, des populations vivant dans les « zones de contact » de l’Atlantique
Le profil sociologique des médiateurs que furent les interprètes et traducteurs/traductrices, d’abord durant la période dite de « contact », puis au service des administrations coloniales et, enfin, dans les jeunes républiques
L’apparition d’un marché de l’enseignement des langues et de la traduction dans l’espace atlantique
Le processus de translatio lui-même : quels procédés étaient utilisés par les traducteurs et interprètes de l’époque moderne ?
La traduction de certains concepts, termes, noms propres et œuvres dans l’espace atlantique (question de la nomadicité des savoirs, de la « tradaptation » et des « intraduisibles »)
La polyglossie dans les sources utilisées par les chercheurs.ses, qui peut constituer un point d’entrée dans la réflexion sur les dynamiques de pouvoir à l’œuvre dans l’historiographie du monde atlantique
Intervenants
Charles BRASART (Nantes Université)
Maître de conférences en linguistique (organisateur et participant)
Aurélie GODET (Nantes Université)
Professeure d’histoire nord-américaine (organisatrice et participante)
Oury GOLDMAN (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)
Maître de conférences en histoire moderne
Ronald JENN (Université de Lille)
Professeur de traduction/traductologie
Laëtitia SANSONETTI (Université Sorbonne Nouvelle)
Professeur de traduction/traductologie
| Panel 2 Du témoignage oral pour la recherche : valeurs, méthodes, enjeux éthiques Amphithéâtre Virginia Woolf |
Organisation
Vanessa GUIGNERY (ENS de Lyon, SEAC)
Laure GARDELLE (Université Grenoble Alpes, ALAES)
Denis JAMET-COUPE (Université Jean Moulin Lyon 3, ALAES)
Sylvie HANOTE (Université de Poitiers, ALOES)
Christophe COUPE-JAMET (Cergy Paris Université, ALOES)
Cédric SARRE (Sorbonne Université, GERAS)
Séverine WOZNIAK (Université Lumière Lyon 2, GERAS)
Résumé
Ce projet s’inscrit dans la continuité du panel interdisciplinaire « Langue et identité » proposé lors du Congrès de la SAES 2025. En 2026, nous souhaitons nous intéresser au témoignage oral comme objet de recherche : nombreux sont les chercheurs qui conduisent des entretiens avec des locuteurs cibles (natifs, apprenants, professionnels sur le terrain, témoins de faits historiques, auteurs littéraires, etc.), soit pour compléter leurs analyses, soit pour constituer ces données en corpus d’étude. Avec ce panel, nous souhaitons considérer le témoignage oral du point de vue de la linguistique théorique et appliquée (langue orale et de spécialité) et de la littérature contemporaine (en centrant la discussion sur le discours des auteurs sur leur œuvre). Ce serait la première fois, à notre connaissance, que des regards croisés seraient apportés sur ce statut du témoin oral, et nos discussions préliminaires mettent en évidence un apport fort de l’enrichissement mutuel des pratiques entre les différentes branches des études anglophones. Nous voudrions croiser les pratiques et les questionnements autour des thèmes suivants : Quelle valeur octroyer au témoignage ? Quels apports par rapport aux autres données récoltées par ailleurs ? Quelle fiabilité du témoin par rapport à ses propres pratiques discursives ou de création littéraire ? Quelles méthodes mobiliser (captation, récit autoethnographique) ? Comment prendre en compte les éventuels biais ? Comment favoriser une parole libre de tout ajustement à ce que le témoin penserait ce qui est attendu ? Quelle posture éthique privilégier (enjeux relatifs à la protection des données personnelles, commission d’éthique, utilisation du témoignage dans des publications) ? Ce panel vise à croiser les regards de membres de nos quatre sociétés savantes sur le discours oral comme objet et matériau scientifiques. Nous souhaitons donc réunir des spécialistes de linguistique théorique et appliquée (ALAES, ALOES et GERAS) et de littérature contemporaine (SEAC). En proposant cette dynamique originale, nous espérons susciter des discussions novatrices et, comme l’an dernier, de riches échanges avec les congressistes.
Contact
severine.wozniak@univ-lyon2.fr
Intervenants
Vanessa GUIGNERY (SEAC)
ENS Lyon
Sophie KRAEBER (ALAES)
Université Caen Normandie
Philippe MILLOT (GERAS)
Université Lumière Lyon 2
Anne PRZEWOZNY (ALOES)
Université Toulouse Jean Jaurès
| Panel 3 Réécritures et émancipation Amphithéâtre Simone de Beauvoir |
Organisation
Elsa CAVALIÉ (Avignon Université)
Justine GONNEAUD ((Avignon Université)
Armelle PAREY (Université de Caen Normandie)
Résumé
Ce panel transdisciplinaire propose de s’intéresser aux différentes formes de réécritures comme vecteurs d’émancipation politique, esthétique et générique. Entendue au sens large, la réécriture englobe un ensemble de pratiques textuelles, telles que la réélaboration, la réappropriation, le montage, la recontextualisation ou encore le détournement. Ces opérations, loin de se réduire à une simple reformulation, engagent des dynamiques de déplacement et de réinvention qui rendent possible l’expression de voix jusque-là invisibilisées ou marginalisées. En mobilisant des approches issues des études littéraires, cinématographiques et théâtrales ainsi qu’une approche recherche-création, ce panel aura pour objectif d’examiner tant les récits d’émancipation que les formes d’émancipations génériques permises par la réécriture afin d’interroger le rapport de la fiction aux contraintes génériques, politiques, temporelles ou éthiques. Afin de favoriser la mise en résonance des différentes approches disciplinaires, le format retenu pour ce panel mettra en œuvre la présentation et le commentaire d’images, d’extraits de scènes ou de chapitres emblématiques. Notre objectif est de débattre des diverses facettes de la réécriture, d’interroger la notion de réécriture dans sa dimension intertextuelle, mais également intermédiale afin d’affiner notre compréhension du rapport réécriture-émancipation avant d’ouvrir des discussions que nous espérons enrichissantes avec la salle.
Interventions
Armelle SABATIER (Université Paris-Panthéon-Assas)
‘The direful spectacle of the wreck’ (The Tempest, 1.2.26): Donner à voir la tempête au théâtre et en peinture : réécritures intermédiales de The Tempest de Shakespeare ou l’impossible émancipation du bleu
Celine CREGUT (Le Mans Université)
‘Void ov Voices’, ou l’émancipation par le phénomène
Shannon WELLS-LASSAGNE (Université Bourgogne Europe)
Freeing adaptation in Station 11 (HBO, 2021-2022)
Claire HELIE (Université de Lille)
Charge virale et charge poétique dans « Charge » de Glyn Maxwell
Michelle RYAN (Université d’Angers)
La résurgence des formes : une approche recherche-création du geste de réécriture
Laurence BELINGARD (Avignon Université)
Réécriture et traduction: stratégies d’émancipation chez Alice Dunbar

