Atelier ARTS

Bruneau-Rumsey Anne-Pascale, université Paris Nanterre, CREA-EA370, anne-pascale.bruneau@parisnanterre.fr 

Présentation de l’ouvrage : Les Peintres de la Première Guerre mondiale. Artistes, puissance publique et construction de la mémoire, dir. Anne-Pascale Bruneau-Rumsey, Séverine Letalleur-Sommer, Paris, Sorbonne Université Presses, 2024. 

Des milliers d’œuvres d’art ont vu le jour pendant la Première Guerre mondiale et dans l’immédiat après-guerre. À travers elles, les artistes des pays belligérants ont représenté le conflit sous ses aspects les plus divers. Dans quelles conditions furent-elles créées ? À quels publics et quels usages étaient-elles destinées ? Comment ces réalisations ont-elles pu contribuer à forger les mémoires nationales ? Très tôt considérées par la critique anglo-saxonne comme formant un corpus spécifique, elles ont mis plus longtemps à être prises en compte en tant que telles en France, en Allemagne, ou ailleurs. 

Rédigé par des spécialistes internationaux de l’art de la Grande Guerre, cet ouvrage pose les jalons d’une histoire comparative de ces productions, qui prend en compte les contextes particuliers de leur création et de leur réception. À quelles motivations les artistes (combattants ou demeurés à l’arrière, peintres missionnés au front, correspondants de presse) obéirent-ils ? Comment le travail de peintres issus des avant-gardes parvint-il à s’accorder à certaines des finalités qui furent assignées aux œuvres – usages documentaires, participation à la propagande ou à la diplomatie culturelle, à la construction mémorielle, à la reconstruction ? Comment se conjuguèrent les rôles joués par l’État, les réseaux privés et les musées ? 

Édouard Vuillard, Félix Vallotton, Maurice Denis, Paul Nash, C.R.W. Nevinson, Wyndham Lewis, Stanley Spencer, Henry Tonks, Achille van Sassenbrouck, A.Y. Jackson, Käthe Kollwitz, Egon Schiele ou Otto Dix : la plupart de ceux dont il est question sont issus des courants modernes ou d’avant-garde. Leurs œuvres rendent compte d’une expérience qui ne fut pas seulement celle des combats, mais aussi celle de l’arrière, du deuil, de la reconstruction, physique, psychique et sociale, de la protestation, et enfin, de l’innovation artistique. 

Anne-Pascale Bruneau-Rumsey est Maître de conférences en histoire de l’art et civilisation britannique. Ses recherches portent sur le modernisme et les avant-gardes, le groupe de Bloomsbury, l’art de la Grande Guerre, les circulations artistiques, la théorie et l’historiographie de l’art. Elle a collaboré à de nombreux ouvrages et catalogues d’exposition, et codirigé Écrire l’art/Writing Art (2015) et Les Peintres de la Première Guerre mondiale (2024). 

Doulut Sophie, université Perpignan Via Domitia, LACES, sophie.doulut@univ-perp.fr 

The aesthetics of “visual Celticism” in David Gauchard’s latest Macbeth stage performance with L’Unijambiste, French drama company 

In his latest stage adaptation of Shakespeare’s Macbeth, French producer David Gauchard not only uses music but also many signs, symbols, objects and special visual effects, to evoke the notion of Celticism which is at the heart of Macbeth, and which is also part of its identity, as it is known as “the Scottish play”.  

In his work therefore transpires the willingness to emancipate Macbeth from any other mainstream stage strategies in order to emphasize its Celticism, which is the very element that sets it apart from all the other Shakespearean works David Gauchard had already adapted before. In order to make the Celticism of the play more visible, he used some specific settings and visual elements that cannot be found in the text of the play published in 1623, and which permit the audience to identify Macbeth as a clearly different work from Shakespeare’s Italian or Greek plays. This emancipation from the playwright’s text enables the audience to understand both implicitly and explicitly that the scene takes place in the Celtic land of Scotland and, most importantly, the plot itself and its turning points. Omissions from and additions to the original text will also be studied through the prism of emancipation from the author’s authority. 

Sophie Doulut is a PhD student at the University of Burgundy, Université Bourgogne Europe under the supervision of Professor Claire Guéron. She is currently working on Shakespearean writings and rewritings in light of the medieval oral tradition of Celtic mythological voices in two tragicomedies and two comedies. Her main interest focuses on Voices and Celticism in Shakespeare’s plays and she is fascinated by his Sonnets. Sophie Doulut studied Voice and Opera music at the music academy of Bordeaux, and she also writes poetry in both French and English. She recently published papers on Shakespearean plays on the contemporary French stage in Miranda, and also published shorter essays for the Jeunes Chercheurs blog of Société Française Shakespeare on Romeo and Juliet, Othello and Richard III. 

Gadoin Isabelle, université Sorbonne nouvelle, PRISME, isabelle.gadoin@sorbonne-nouvelle.fr 

John Singer Sargent, ou comment s’émanciper de l’art du « paughtrait » 

Isabelle Gadoin et Charlotte Ribeyrol proposent, dans cette communication à deux voix, une présentation de leur ouvrage à trois mains (conçu et rédigé avec Emily Eells) John Singer Sargent., le beau monde et son revers, paru chez Cohen&Cohen en octobre 2025. Elles indiquent : 

« John Singer Sargent (1856-1925), peintre américain formé en France, se fit connaître durant la Belle Époque pour ses talents de portraitiste mondain, en Europe comme aux États-Unis. Pourtant, son œuvre est loin de se résumer à ces portraits d’apparat, et nous avons choisi dans notre ouvrage, première monographie en français sur ce peintre cosmopolite, d’explorer, au -delà des seuls portraits mondains, toute la complexité et la richesse de son art. Nous avons cherché à offrir un nouveau regard sur l’artiste, ou plutôt un double regard, opposant le Sargent du beau monde et l’envers du décor, qu’il a également reflété dans des tableaux moins connus. Chaque chapitre révèle un aspect de sa carrière, passant en revue ses portraits les plus célèbres, ses toiles les plus intimes, son goût pour les arts, les voyages et les expérimentations pleinairistes, pour finir sur ses décorations murales à Boston et ses peintures de la Grande Guerre. Ce parcours est jalonné de diptyques contrastant la fascination de Sargent pour l’opulence de la haute société, et ses incursions inattendues dans le quotidien d’anonymes qu’il a tout autant sublimés.  

Nous reviendrons dans cette communication sur les rapports conflictuels de Sargent avec le grand art du portrait, qui a fait sa fortune et sa réputation, mais dont il a aussi très vite souhaité s’émanciper. » 

Isabelle Gadoin est Professeure à la Sorbonne Nouvelle, où elle enseigne la littérature et les arts visuels du XIXe siècle britannique. Ses recherches actuelles portent sur l’orientalisme victorien et l’histoire des collections britanniques d’arts décoratifs, sujets sur lesquels elle a publié deux volumes collectifs (Rêver d’Orient, Connaître l’Orient, avec M-E Palmier-Chatelain, 2009 ; Figures pionnières de l’Orientalisme, avec Z. Vesel, 2012) et une monographie, Private Collectors of Islamic Art in late 19th c. London. The Persian Ideal (Routledge, 2022).  

Gillard-Estrada Anne-Florence, université Rouen Normandie, ERIAC, af.gillardestrada@gmail.com 

Le Corps grec dans la peinture victorienne, vecteur d’émancipation 

Cette présentation de l’ouvrage Le Corps grec dans la peinture victorienne : entre idéal et fantasme (Sorbonne Université Presses en 2024) permettra de revenir sur la problématique que posent certaines représentations du corps inspirées des formes antiques, filtrées par l’art de la Renaissance, dans la peinture esthétique et symboliste de la seconde moitié du XIXe siècle. On postulera le potentiel émancipateur des sujets antiques et de la réutilisation de l’art du passé dans cette peinture qui s’émancipe par ailleurs des catégories et genres picturaux encore en vogue. L’émancipation réside dans la distance prise par rapport à la représentation du réel et dans la valorisation du rêve. Ces peintres, bien que marqués par des codes académiques et des considérations d’époque, notamment en matière de genre/gender, renouvellent le traitement du corps en associant l’idéalité et la sensualité d’une manière ambivalente, et cette approche du corps et de l’intériorité constitue d’emblée une forme d’émancipation. 

Anne-Florence Gillard-Estrada est Professeure de Littérature et d’arts visuels britanniques du XIXe siècle. Elle se spécialise dans les arts visuels, la littérature et la critique d’art de l’époque victorienne, notamment la peinture des mouvements esthétique, préraphaélite et néoclassique. 

Laurent Béatrice, université Bordeaux-Montaigne, CLIMA, beatrice.laurent@u-bordeaux-montaigne.fr 

Tales of Entrapment and Emancipation in the Art of the Pre-Raphaelites 

The foundational tale of the Pre-Raphaelite Brotherhood’s emancipation from the yoke of the Royal Academy, iterated for the first time by John Ruskin in 1851, created the personas of the artists as rebels. I contend that it also oriented – or reinforced the tendency of – the early artistic productions of J.E. Millais, W.H. Hunt and D.G. Rossetti towards subjects that examine the tension between entrapment and liberation. The forces of entrapment may be straightforwardly political as in Holman Hunt’s Claudio and Isabella (1850) and Millais’s The Order of Release (1852-53), or metaphorically sentimental in The Awakening Conscience (1852-3) by Holman Hunt or Found, begun by D.G. Rossetti in 1854, but they are constantly challenged by female protagonists. What this presentation seeks to analyse is the plurality of solutions devised by the young Pre-Raphaelites to negotiate with these forces and claim freedom for their characters. 

Béatrice Laurent is Professor of Victorian Studies at the Université Bordeaux-Montaigne, France. She has written numerous book chapters and articles in refereed journals. In her books Sleeping Beauties in Victorian Britain: Cultural; Literary and Artistic Explorations of a Myth (edited, 2015) and Water and Women in the Victorian Imagination (2021) she explores the interaction between visual art, literature and theoretical discourses.  

Letalleur-Sommer Séverine, université Paris Nanterre, CREA, severine.letalleur@parisnanterre.fr 

Présentation de l’ouvrage : Les Peintres de la Première Guerre mondiale. Artistes, puissance publique et construction de la mémoire, dir. Anne-Pascale Bruneau-Rumsey, Séverine Letalleur-Sommer, Paris, Sorbonne Université Presses, 2024. 

Des milliers d’œuvres d’art ont vu le jour pendant la Première Guerre mondiale et dans l’immédiat après-guerre. À travers elles, les artistes des pays belligérants ont représenté le conflit sous ses aspects les plus divers. Dans quelles conditions furent-elles créées ? À quels publics et quels usages étaient-elles destinées ? Comment ces réalisations ont-elles pu contribuer à forger les mémoires nationales ? Très tôt considérées par la critique anglo-saxonne comme formant un corpus spécifique, elles ont mis plus longtemps à être prises en compte en tant que telles en France, en Allemagne, ou ailleurs. 

Rédigé par des spécialistes internationaux de l’art de la Grande Guerre, cet ouvrage pose les jalons d’une histoire comparative de ces productions, qui prend en compte les contextes particuliers de leur création et de leur réception. À quelles motivations les artistes (combattants ou demeurés à l’arrière, peintres missionnés au front, correspondants de presse) obéirent-ils ? Comment le travail de peintres issus des avant-gardes parvint-il à s’accorder à certaines des finalités qui furent assignées aux œuvres – usages documentaires, participation à la propagande ou à la diplomatie culturelle, à la construction mémorielle, à la reconstruction ? Comment se conjuguèrent les rôles joués par l’État, les réseaux privés et les musées ? 

Édouard Vuillard, Félix Vallotton, Maurice Denis, Paul Nash, C.R.W. Nevinson, Wyndham Lewis, Stanley Spencer, Henry Tonks, Achille van Sassenbrouck, A.Y. Jackson, Käthe Kollwitz, Egon Schiele ou Otto Dix : la plupart de ceux dont il est question sont issus des courants modernes ou d’avant-garde. Leurs œuvres rendent compte d’une expérience qui ne fut pas seulement celle des combats, mais aussi celle de l’arrière, du deuil, de la reconstruction, physique, psychique et sociale, de la protestation, et enfin, de l’innovation artistique. 

Séverine Letalleur-Sommer est Maître de conférences en langue et littérature anglophones à l’université Paris Nanterre. Ses recherches portent sur des questions de sémiotique et de construction du sens en peinture et littérature, comme phénomène incarné (embodied cognition). Elle a publié une quinzaine d’articles sur ce sujet dont un portant sur la couleur et un autre sur la synesthésie.  

Ouillon Laura, université Paris Cité, ECHELLES, laura.ouillon@univ-lille.fr 

Diseased Treescapes in Contemporary British Art: Epitaphs for the Elm and the Ash 

Résumé à venir 

Laura Ouillon est Docteure en études anglophones de l’Université Paris Cité, où elle a coordonné de 2020 à 2024 un séminaire de recherche sur les humanités environnementales. Spécialisée en histoire de l’art contemporain et en histoire culturelle britanniques, elle est cette année Attachée Temporaire de Recherche et d’Enseignement à la Faculté des Langues, Cultures et Sociétés de l’Université de Lille. 

Privas-Bréauté Virginie, Université de Lorraine, ATILF, virginie.privas-breaute@univ-lorraine.fr 

Intelligences artificielles, corps et émotions : que devient l’immersion théâtrale ? 

L’essor impressionnant des intelligences artificielles génératives transforme les formes contemporaines de théâtre immersif. Alors que ces pratiques reposent traditionnellement sur la mobilisation du corps, des affects et de la perception située du spectateur (Artaud, 2002 ; Boal, 2011 ; Bouko & Bernas, 2012), l’arrivée d’agents conversationnels, de systèmes émotionnels computés et de dispositifs sensoriels augmentés reconfigure les conditions même de l’immersion (Bauchard, 2009 ; Salter, 2010 ; Jarvis, 2019 ; Ren, 2024). 

Cette communication propose d’examiner la manière dont l’IA modifie l’expérience théâtrale en situation immersive, en s’appuyant sur une approche transdisciplinaire articulant sciences cognitives de l’embodiment (Varela et al., 1991), phénoménologie du corps (Merleau-Ponty, 2013) et études du théâtre immersif (Biggin, 2018). 

L’IA peut intervenir à plusieurs niveaux : en tant que co-agent dramaturgique, capable de générer, moduler ou prolonger la narration ; en tant qu’interface sensible, lorsqu’elle interprète les gestes, voix ou émotions du spectateur ; ou encore comme médiation relationnelle, lorsqu’elle réoriente la position du « spect-acteur » vers un statut d’interacteur situé au cœur d’un système hybride humain-machine. À travers ces différents usages, l’immersion n’est plus seulement une expérience perceptive et kinesthésique, mais devient une co-construction avec un agent algorithmique dont les réponses participent à la dramaturgie en temps réel. 

L’analyse montrera comment ces formes émergentes déplacent les frontières entre présence et virtualité, texte et performance, liberté et contrainte, en produisant des expériences où le corps du spectateur devient un paramètre de calcul autant qu’un vecteur d’engagement. En articulant théâtre immersif, cognition incarnée et technologies intelligentes, il s’agira d’interroger la manière dont l’IA reconfigure le rôle des émotions, la dimension sensorielle de la scène et la nature même de l’immersion théâtrale. Cette réflexion permettra également d’ouvrir des perspectives critiques, notamment autour de la manipulation émotionnelle, de la captation de données sensibles et des enjeux d’auctorialité dans un théâtre fondé sur la variabilité algorithmique. 

Virginie Privas-Bréauté est Maîtresse de conférences en didactique de l’anglais à l’Université de Lorraine (Nancy) et membre de l’équipe « Didactique des langues et Sociolinguistique » de l’ATILF (UMR 7118 – CNRS/Université de Lorraine). Ses travaux portent sur la dimension didactique des pratiques artistiques et sur l’introduction de pédagogies énactives, performatives et immersives, notamment le théâtre, au sens large, et la réalité virtuelle, dans l’enseignement-apprentissage des langues. Elle s’intéresse plus particulièrement au théâtre immersif et aux expériences immersives augmentées anglophones, qu’elle explore dans leurs dimensions esthétiques autant que pédagogiques. 

Ratail Lucie, Université de Lorraine, IETT, lucie.ratail@univ-lorraine.fr 

Le décor de The Mysteries of Udolpho, fête galante ou danse macabre ? La figure animée, ou l’émancipation watteauesque de Radcliffe 

The Mysteries of Udolpho figure parmi les récits gothiques les plus pittoresques, accordant une part prépondérante aux descriptions pittoresques et sublimes des lieux traversés par l’héroïne. Robert Miles loue le caractère « cinématique » de ses chaînes de tableaux, tandis que George G. Dekker souligne le respect de Radcliffe pour la « règle d’or du néoclassicisme » et ses capacités de sélection, héritées des préceptes gilpiniens. Sélection, composition et cinématique sont effectivement les éléments clefs de la « peinture » verbale (cf. Alice Labourg) d’Ann Radcliffe, dont l’héroïne observe non seulement les éléments du décor mais aussi les figures qui animent ses tableaux. Si la critique mentionne (à raison) Claude Gellée, Nicolas Poussin et Salvator Rosa comme principales inspirations picturales de Radcliffe, il semble néanmoins qu’un autre grand nom de l’histoire des arts picturaux mériterait de figurer parmi cette liste : Antoine Watteau. Prenant appui sur les caractéristiques compositionnelles, sélectives et cinématiques des toiles de ce dernier, cette communication analysera l’héritage de la « Fête galante » dans le roman radcliffien selon une perspective réconciliant la théorie de l’image avec celle du son et émancipant Radcliffe d’une approche statique de la dichotomie entre beau, pittoresque et sublime. Un premier temps abordera les caractéristiques picturales majeures des quatre peintres et des sources d’inspiration théorique de la romancière. Une seconde partie traitera ensuite du rôle prépondérant de la cinématique et de la dynamique, tant visuelle qu’auditive, dans The Mysteries of Udolpho, où les sonorités sont pittoresques et les tableaux prennent vie, jouant avec les limites intermédiales grâce à une puissante ekphrasis audio-visuelle. Un dernier temps abordera enfin le rôle de la figure dans l’animation des tableaux, oscillant entre danse macabre et fête galante, pour confirmer la correspondance watteauesque du pittoresque radcliffien. 

Lucie Ratail est PRAG et titulaire d’un Doctorat en littérature britannique. Sa thèse aborde les récits gothiques selon une approche sonoresque, prenant appui sur l’ensemble des disciplines des études sonores (sound studies), de la musique à l’acoustique, selon une perspective phénoménologique de la perception. Elle a publié plusieurs articles sur la dynamique sonore du gothique, et s’est intéressée plus récemment à la correspondance entre The Mysteries of Udolpho et ses inspirations picturales (un article paraîtra prochainement aux Editions de l’Université de Lorraine sur ce sujet), ainsi qu’à son héritage tant visuel que sonore, avec une publication dans le numéro « Music and the Written Word », paru dans Humanities en 2025. 

Ribeyrol Charlotte, Sorbonne-Université, VALE, ribeyrolc@gmail.com  

John Singer Sargent, ou comment s’émanciper de l’art du « paughtrait » 

Charlotte Ribeyrol et Isabelle Gadoin proposent, dans cette communication à deux voix, une présentation de leur ouvrage à trois mains (conçu et rédigé avec Emily Eells) John Singer Sargent., le beau monde et son revers, paru chez Cohen&Cohen en octobre 2025. Elles indiquent : 

« John Singer Sargent (1856-1925), peintre américain formé en France, se fit connaître durant la Belle Époque pour ses talents de portraitiste mondain, en Europe comme aux États-Unis. Pourtant, son œuvre est loin de se résumer à ces portraits d’apparat, et nous avons choisi dans notre ouvrage, première monographie en français sur ce peintre cosmopolite, d’explorer, au -delà des seuls portraits mondains, toute la complexité et la richesse de son art. Nous avons cherché à offrir un nouveau regard sur l’artiste, ou plutôt un double regard, opposant le Sargent du beau monde et l’envers du décor, qu’il a également reflété dans des tableaux moins connus. Chaque chapitre révèle un aspect de sa carrière, passant en revue ses portraits les plus célèbres, ses toiles les plus intimes, son goût pour les arts, les voyages et les expérimentations pleinairistes, pour finir sur ses décorations murales à Boston et ses peintures de la Grande Guerre. Ce parcours est jalonné de diptyques contrastant la fascination de Sargent pour l’opulence de la haute société, et ses incursions inattendues dans le quotidien d’anonymes qu’il a tout autant sublimés.  

Nous reviendrons dans cette communication sur les rapports conflictuels de Sargent avec le grand art du portrait, qui a fait sa fortune et sa réputation, mais dont il a aussi très vite souhaité s’émanciper. » 

Charlotte Ribeyrol est Professeure de littérature britannique à Sorbonne-Université. Ses principaux domaines de recherche sont l’hellénisme victorien et les innovations chromatiques du XIXe siècle. Commissaire de l’exposition Colour Revolution, Victorian Art, Fashion and Design qui s’est tenue à l’Ashmolean Museum d’Oxford en 2024, elle est l’auteure de nombreux ouvrages sur la couleur, dont William Burges and the Victorian Colour Revolution (Yale University Press, 2023).  

Tarbox Wilson, université Paris Nanterre, École du Louvre, CREA, 43012522@parisnanterre.fr 

The Genealogy of Third Text: Ideological evolutions in art and politics, 1975 to 2008  

Third Text, Critical Perspectives on Art and Culture was founded with an Arts Council grant in 1987 by the artist Rasheed Araeen (born in Karachi, Pakistan, 1935). From its humble beginnings, it grew into one of the most prominent arts journals examining various aspects of cultural production in so-called peripheral geographies and among diasporic artistic communities in the urban metropoles of Europe and North America. Despite its creation at the twilight of the Cold War, the “Third” in its title was an allusion to the “Third World”, a concept whose modern pejorative connotations mask the revolutionary potential that the term once carried, including for its founding editor, since its inception by French demographer Alfred Sauvy 1952. The “third” of Third Text speaks to something utopian, the emancipated postcolonialism of the 1955 Bandung Conference, but also Maoism Third Worldism. These ideas had great purchase for the British post-war New Left, including the radicals of the London art scene in which Rasheed found himself. Third Text is imbued with bits of British Black Panther ideology, its unique approach to conceiving racial identity, New Left thinkers like Stuart Hall, the artistic influences of global nomads like David Medalla. This paper will attempt to piece together this “infinity of traces”, to use the term employed by Antonio Gramsci, in order to elucidate the historical and artistic circumstances that permitted such a unique art journal to evolve from a relatively localised London-based network of artists, intellectuals, and institutional actors into a truly international (and not merely transatlantic) cultural platform that pressured global art institutions to diversify, confront colonial inheritances, and make space for marginalised artistic practices.  

Wilson Tarbox is a PhD candidate at the Université Paris Nanterre and the École du Louvre. His PhD thesis, supervised by Charlotte Gould (University of Paris-Nanterre) and Susana Gallego-Cuesta (EDL, Musée des Beaux Arts Nancy), explores the cultural history of the journal Third Text and its impact on museum policies and contemporary art discourses.