Atelier CRECIB 1 (Civilisation)

BORY Stéphanie, Université Jean Moulin Lyon 3, stephanie.bory@univ-lyon3.fr 

“Plaid Cymru– Welsh revolution or Welsh mirage?” Rhun ap Iorwerth’s emancipation strategies 

In June 2023, after months of turmoil due to a “toxic culture of harassment, bullying and misogyny” in the party, Rhun ap Iorwerth was elected unopposed leader of Plaid Cymru, the Welsh nationalist party. In May 2024, a few days before the British Prime Minister, Rishi Sunak, announced the dissolution of Parliament, he decided to put an end before due date to the three-year agreement Plaid, under former leader Adam Price’s leadership, had signed with Welsh Labour, whereby the two parties agreed to work together in 46 policy areas. It thus seems that Plaid, under Rhun ap Iorwerth’s leadership, has decided to emancipate not only from its previous leader, displaying a different approach, but also from Welsh Labour, a traditional partner. The party obtained its best election results ever in the July 2024 General Election, doubling its number of MPs from 2 (out of 40 for Wales) to 4 (out of 32 following a reform), and securing its largest share of the vote, coming second in Wales. It also won a historic victory on 23 October 2025 in the Caerphilly Senedd by-election, putting an end to more than a hundred years of Labour representation in UK Parliament and Senedd elections. It may consequently be wondered the extent to which this recent emancipation strategy displayed by Rhun ap Iorwerth has been successful since the party now presents itself as a realistic alternative to Welsh Labour for the May 2026 Senedd elections. As stated by Matthew Ford in an article published in October 2025, will Plaid Cymru, which celebrated its centenary in August 2025, be a “Welsh revolution or Welsh mirage?” Through the study of key speeches delivered by Plaid’s leader since his election (the 2023, 2024, and 2025 conference speeches, and the August 2025 centenary speech), this presentation aims to study how he has developed his double emancipation strategy. It will conclude with the results of the 2026 elections to see whether this proved successful. 

CASTEL Géraldine, Université Grenoble Alpes, geraldine.castel@univ-grenoble-alpes.fr 

Une émancipation institutionnalisée ? Le cas des pétitions en ligne en Écosse, Pays de Galle, France et Royaume-Uni. 

Le premier système de pétitions parlementaires en ligne a vu le jour en Écosse en 1999, symbole de la volonté de ce nouveau parlement de faire de la politique autrement autour de principes fondateurs tels que la transparence, l’accessibilité, la gouvernance partagée et le contrôle démocratique. D’autres pays ont ensuite introduit leurs propres plateformes, dont l’assemblée du Pays de Galles (2008), le parlement de Westminster (2011) et l’Assemblée nationale française (2020). En matière d’émancipation, ces systèmes de pétitions parlementaires présentent un paradoxe : les citoyens sont invités à s’exprimer mais dans un cadre institutionnel strictement défini. Il semble donc s’agir d’une émancipation gouvernée comme définie par Foucault : une liberté autorisée mais façonnée par le pouvoir afin de guider la participation politique sur des voies et selon des modalités jugées acceptables. Ce type de fonctionnement exclut-il pour autant la possibilité que les pétitions en ligne soient en mesure de générer des moments de dissensus, ce concept que Rancière décrit comme la transformation du bruit en discours pour des voix auparavant exclues de l’espace commun ? Peuvent-elles perturber l’ordre établi ? Porter des démarches d’émancipation authentique ? Imposer sur le devant de la scène des débats ignorés ? Cette communication abordera ces questions dans une perspective comparative entre les différents systèmes évoqués. Elle s’attachera notamment à déterminer si leur conception institutionnelle peut influer sur leur potentiel émancipatoire, s’ils offrent à des individus, groupes ou causes marginalisés un moyen de se faire entendre et s’ils permettent aux citoyens britanniques de défendre leurs droits, de lutter contre des inégalités ou d’obtenir justice et reconnaissance. Ce travail s’appuiera sur une méthode hybride combinant lecture à distance automatisée de corpus de métadonnées relatives aux pétitions soumises entre 2011 et 2023 et lecture rapprochée de publications parlementaires, d’articles de presse et de publications en ligne, un travail complété par des études de cas tirées des différents terrains étudiés. 

LARA Perrine, Université Toulouse II – Jean Jaurès, perrine.lara@univ-tlse2.fr 

Au-delà des partis : participation politique et mouvements en faveur des indépendances écossaise et galloise (1999-2026) 

L’instauration de la dévolution en 1999 marque un tournant majeur pour les mouvements indépendantistes écossais et gallois. En accédant aux gouvernements dévolus en 2007, le Scottish National Party et Plaid Cymru se trouvent confrontés à un paradoxe : comment continuer à incarner un projet émancipateur tout en exerçant des responsabilités gouvernementales au sein du cadre constitutionnel britannique ? La réponse réside dans une articulation entre institutionnalisation partisane et mobilisation sociale. D’un côté, ces partis se professionnalisent pour acquérir la crédibilité nécessaire à leur projet d’indépendance. De l’autre, ils s’insèrent dans des réseaux militants plus larges, devenant des acteurs parmi d’autres au sein de coalitions pro-indépendance comme Yes Scotland de 2012 à 2014. La campagne pour le référendum écossais catalyse ainsi la création de multiples groupes (All Under One Banner, Women for Independence, Common Weal…) qui mobilisent via un répertoire d’action varié : campagnes de terrain, usage des réseaux sociaux, organisation d’ateliers et de conférences… Au pays de Galles, Yes Cymru (fondée en 2014) tente de reproduire ce modèle (dans un contexte moins favorable). Cette période voit alors émerger de nouvelles formes de participation politique qui élargissent la mobilisation pro-indépendance par-delà les structures partisanes traditionnelles. Ces mouvements, du reste, entretiennent des relations internationales : l’expérience écossaise du référendum de 2014 inspire directement les militants gallois, générant des circulations de stratégies et de savoir-faire entre Écosse et pays de Galles. Par ailleurs, la comparaison permet d’identifier les conditions de succès de ces nouvelles formes de participation : le rôle catalyseur d’un référendum, l’importance du soutien électoral préalable au projet indépendantiste et l’articulation entre ces organisations grassroots et les partis institutionnels. Cette communication se propose donc d’étudier les différents modes de participation politique au sein de ces mouvements entre 1999 et 2026, en mettant l’accent sur l’émergence d’organisations militantes non-partisanes et en se fondant sur des entretiens conduits auprès d’acteurs des mouvements indépendantistes écossais et gallois. 

ROUSSEAUX Maya, Université Savoie Mont Blanc, mayarousseaux@hotmail.fr 

Discursive and representational obstacles to political participation in the 2019 Conservative campaign narrative 

The 2019 Conservative campaign promised that Britain would “break free” of its EU “manacles” “like the Incredible Hulk,”1 a liberation which would “unleash Britain’s potential” simultaneously as that of “the British people.”2 Brexit was framed in emancipatory terms, with the future bringing “new freedoms”3 and relieving citizens from material and symbolic sources of oppression, offering them a life “free from fear”4 and from economic precarity. However, “the people” constructed as a political subject in Conservative discourse was not framed as an actor invested with a mission of political transformation, and indeed remained subject to representative mechanisms.5 At both the linguistic and the ideological level, it was the Party who voiced the popular will, which was incarnated, interpreted, represented, and performed via “strategic populist ventriloquism.”6 It was however the Party who alone decided which liberties would be “given” to the people or which groups should be “empowered.”7 

This paper offers to explore the contradiction between the promise of emancipation and the representation/positioning of “the people” in the 2019 campaign, focusing on the strategies which prevent increased political participation. Based on a discursive-performative approach to populism,8 it lists the various obstacles to emancipation entrenched in discourse, notably looking at the use of stereotypical representations trapping individuals within reductive social identities and crystallized political demands, showing how these mechanisms can lead to decreased political participation. Looking specifically at demands for a second referendum, it highlights a striking paradox of this campaign: although justifying their Brexit policy as based on respect for the 2016 referendum as being “the biggest democratic exercise in British history,9” the Conservatives actively campaigned against demands for a “people’s vote.” With political participation confined to periodical general elections in a disproportional representational system,10 questions can be raised as to the frequently drawn connection between participation and emancipation.