Responsables de l’atelier
Fabienne MOINE (Université Paris-Est Créteil)
Laurence ROUSSILLON-CONSTANTY (Université de Pau et des Pays de l’Adour)
Dubois Laurence, Université Paris Nanterre, ldubois@parisnanterre.fr
Freedom of movement within criminal lunatic asylums in mid-Victorian England: a limited attempt at emancipation
“Criminal lunatics”, as defined by the Act of Parliament passed in 1800, or “criminal patients” – which was the main term under which they were mentioned in asylum registers – represented a specific category among the population that was confined in lunatic asylums in mid-Victorian England. As they had been deemed “not guilty by reason of insanity”, they were not considered as ordinary prisoners and were generally sent by the Home Office to county lunatic asylums, to the criminal wards at Bedlam or to institutions that were dedicated to their care: Fisherton House since the beginning of the 1850s and Broadmoor later in the century, when it opened its doors in May 1863. The ambiguity of their status and position posed a moral and practical dilemma to the authorities that were in charge of them: as criminals, they had to be detained in a secure place for safety reasons but they were also mentally ill people that needed medical care. Since moral management and the non-restraint movement had gained considerable momentum and exerted a major influence on therapeutic practices in the 1850s, whether it be in public or private institutions, all patients could benefit from relative freedom of movement within – and sometimes outside – the premises of the asylum. Criminal patients were not excluded from that measure, deeply emblematic of the new psychiatric orthodoxy of the time. Having in mind the definition of “emancipation” as the act of freeing a person from another person’s control and/or giving more rights to a person or a group of people, the absence of physical coercion in the inmates’ daily life may undoubtedly be seen as a bid for emancipation, however limited. Based on a study of asylum archives (more particularly the records of Fisherton House and Broadmoor), this paper will analyse how freedom of movement within the institution, mainly recognised as beneficial to “patients of the criminal class” and seldom contested, still represented a major challenge to the community, as evidenced by the following remark, handwritten in Fisherton’s Visitors’ Book in March 1863: “There appeared to be upwards of 50 Murderers who are all managed without mechanical restraint. Whether non restraint is the best for those dangerous patients we cannot say…”.
Giret Angélina, Université Le Havre-Normandie, angelina.giret@univ-lehavre.fr
S’émanciper par le voyage ? Le cas des journaux intimes d’Honoria Lawrence et Mary Emma Walter, deux femmes britanniques en Inde dans les années 1830.
Honoria Lawrence et Mary Walter sont deux femmes britanniques ayant migré vers l’Inde dans les années 1830 pour suivre leur mari en poste sur place. Elles découvrent toutes deux la sphère du voyage, tant par le trajet maritime ou terrestre qu’elles entreprennent pour se rendre en Inde que par les déplacements qu’elles effectuent à l’intérieur du pays. Ces deux femmes développent des stratégies d’écriture différentes pour rendre compte de leurs expériences, pourtant similaires. Mary Walter produit plus de six cents pages de récits et de dessins, s’écrivant comme une voyageuse à part entière et adoptant les codes masculins du récit viatique : absence presque totale de la sphère domestique, prise de risques et dessins assimilés à des cahiers exploratoires. Cependant, malgré cette volonté, elle semble rapidement rattrapée par les normes genrées de son époque. Plusieurs éléments en témoignent : le besoin de justifier chaque déplacement pour être crue et la pratique des sciences en toute discrétion féminine. Durant la même décennie, Honoria Lawrence privilégie une écriture centrée sur ses rôles de mère et d’épouse. Ses journaux intimes s’apparentent à des lettres adressées à son mari et à ses enfants. Cette forme d’écriture soulève la question de l’espace de liberté que lui offrent ses journaux : défient-ils malgré tout les codes genrés de l’époque ? Grâce aux archives complètes et inédites de ces deux femmes, cette communication vise à mettre en lumière les points communs et les divergences de leurs écrits personnels. Malgré un parcours migratoire similaire, leurs pratiques de l’écriture diffèrent profondément. Cette approche permet de questionner l’historiographie des femmes britanniques en Inde, qui tend à les représenter comme homogènes, alors qu’une étude qualitative révèle au contraire leur diversité. Enfin, elle ouvre la discussion sur le caractère potentiellement émancipateur de l’écriture et du voyage.
Guionnet Edouard, Université Sorbonne Paris Nord, edouardguionnet@wanadoo.fr
La création du port de Manchester: une innovation économique émancipatrice pour le lobby industriel du coton du Lancashire: 1882-1894.
1882 est une date polysémique importante dans l’histoire du commerce du coton anglais. Entre 1845 et 1882, le commerce du coton anglais est dirigé à l’échelle nationale et internationale par la corporation des courtiers en coton (la Cotton Brokers Association).
Suite à la contestation du monopole commercial des courtiers par les marchands et les industriels du coton à partir de 1873, un puissant organe de gouvernance commerciale du coton est fondé en 1882 : La Liverpool Cotton Association. Cette association dont le siège est à Liverpool continue de monopoliser la gouvernance du commerce du coton brut à l’échelle internationale au détriment des industriels du Lancashire, qui demeurent exclus de la gestion du commerce du coton brut, alors qu’ils en sont les principaux consommateurs.
Le monopole détenu par Liverpool est protéiforme. Il s’exerce au niveau financier et commercial à travers l’emprise détenue par la Liverpoool Cotton Association sur le coton brut. Mais il s’exprime aussi à travers le fonctionnement des institutions portuaires dominées par la corporation des armateurs. Celle-ci impose des tarifs prohibitifs aux importations de coton, exploitant ainsi une situation de rente. Exclus également de la gestion des affaires portuaires, les industriels du coton contestent le monopole du port de Liverpool, qui profite de sa position géographique privilégiée pour imposer sa domination commerciale aux industriels.
Les compagnies ferroviaires desservant Liverpool et le Lancashire exploitent elles aussi une situation de monopole : elles s’accordent sur des pratiques tarifaires élevées et neutralisent les autres moyens de transport disponibles pour acheminer le coton brut vers les filatures.
Ma communication propose d’étudier comment les industriels du district cotonnier s’organisent pour faire face aux multiples monopoles détenus par Liverpool et pour s’affranchir de cette dépendance économique vis à vis du premier port importateur de coton.
Kaczmarek Claire, Université d’Artois, claire.kaczmarek@univ-artois.fr
Rev. Thomas Chalmers et la fabrique de la communauté chrétienne en milieu urbain au XIXe siècle : entre sociabilité et émancipation ?
Cette communication a pour origine la préparation d’une monographie originale intitulée « Rev. Thomas Chalmers (1780-1847), un réformateur social en mission urbaine : sécularisation, territorialisation et sociabilisation des minorités », et qui sera publiée fin 2026 chez Orbis Tertius.
L’objet de cette communication est de réfléchir à la notion d’émancipation dans le projet de société idéale chrétienne de Thomas Chalmers (1780-1847), pasteur presbytérien écossais et réformateur social de la première moitié du XIXe siècle.
Œuvrant dans les quartiers les plus pauvres des villes écossaises en plein essor industriel, Édimbourg et Glasgow, Thomas Chalmers fut soucieux de réintroduire le christianisme dans les foyers urbains d’Écosse. Alarmé par les conséquences morales et matérielles nocives de l’industrialisation massive et effrénée sur les minorités ouvrières, il s’employa à retisser le maillage paroissial presbytérien urbain. À travers une série de mesures, il élabora un système d’éducation pour tous et établit une nouvelle organisation paroissiale afin de lutter contre l’irréligion et le paupérisme, fruits de la révolution industrielle. Et surtout, comment poursuivre son projet alors que l’État se désengage auprès des plus pauvres ? Et comment croire encore à un monde meilleur (et chrétien) lorsque Chalmers s’émancipe de l’Église d’Écosse, la Kirk, Église nationale et établie, en 1843, lorsqu’il fonde, par scission, l’Église Libre d’Écosse, The Free Church of Scotland ?
De quelles « prisons » Chalmers entend-il émanciper les âmes en perdition et ses ouailles ? Quels sont les remèdes à ces maux ? Et enfin, comment se positionna-t-il au sein d’une galaxie de projets idéaux de rénovation de la société industrielle écossaise ?
Laurent Emilie, Université Clermont Auvergne, emilie.laurent@doctorant.uca.fr
The Pleasure of Influence: Vernon Lee’s Rewriting of Victorian Culture in “Amour Dure”
“All art lives and develops by our first tackling whatever we want to say or show by the use of the formulæ of our predecessors”: for writer and aesthetic philosopher Vernon Lee (1856-1935) in her essay The Handling of Words, the true nature of writing resides in re-writing. While such a statement might seem commonplace to a modern-day reader, it is more audacious than it appears within the context of Victorian culture. Far from merely reframing the infamous ‘anxiety of influence’ as a renewed form of creativity, Lee seeks to question the Victorian distrust of associationism—the process through which art enjoyment is mediated by the feelings and impressions left by other works of art. Lee undermines this criticism, which was fostered by Ruskin, to instead endorse association as a deliberate art form capable of defying and redefining the norms that, according to her, hinder art enjoyment.
To illustrate Lee’s surprisingly polemical claim, this paper will examine the strong associative connections purposefully woven into her ghost story “Amour Dure.” Ostensibly the tale of a Victorian historian haunted by the portrait of a Renaissance femme fatale, “Amour Dure” replicates the literary motifs of Lee’s contemporaries, from Pater’s Studies to the poetry of Swinburne, Rossetti, and Morris. In channelling yet subverting the impressions left by the “Fleshly School of poetry” on her readers, Lee assigns new meanings to established patterns of aesthetic appreciation, and highlights retelling as a strategy that frees the woman writer from the shadows of her male precursors. “Amour Dure” thus foregrounds reading as a nuanced exercise in critical thinking. The tale appears as a metaliterary critique of the fashioning and trappings of Victorian culture in which Lee reclaims influence as meaningful rather than derivative, and as emancipating rather than constraining.
Lochot Céline, Université de Lille, celine.elodie@gmail.com
De Quincey’s Reluctant Politics of Emancipation
Throughout his writing career, De Quincey has consistently shown sympathy for outcasts, and strong interest in Pariah figures. The rebellious youth portrayed in Confessions of an English Opium Eater seems to collide with the staunch Tory principles in many of his political papers, and has even led some critics to suspect a liberal streak (see Robert Morrison’s “Red De Quincey”).
De Quincey’s view of emancipation is conflicted: he believes in every individual’s inalienable right to be free, but equally mistrusts social reformers and popular masses, and cannot imagine “social happiness” without “the morals of the gentry, with the manners of the nobility” (“Sketches of Life and Manners”). Despite his indignation against the “murdering slave-trade”, he warns against the dangers of freeing slaves too soon – for their own good. As a staunch patriot, he extols the imperialist ideal of “civilising conquest” (“Charlemagne”). His account of the extermination of the Indian tribe of the Boeothics, with its “unmerited persecution which had dogged them for centuries”, sounds more like a Greek tragedy than a criticism of British policy. And even as he admits that the colonies of North of America are ready for emancipation, he still claims that the interests of Great Britain come first – for the greater good of Europe.
We find similar paternalistic beliefs at work in his portrayals of women. Though his papers on the “Nautico-Military Nun of Spain” or “Joan of Arc” seem to praise emancipated women, De Quincey’s praise is always undermined by a patronising undertone.
Moine Fabienne, Université Paris Est Créteil (UPEC), fabienne.moine@wanadoo.fr
‘Versed in Crime’ : poésie carcérale, réhabilitation du prisonnier et réinsertion du poète (1850-1900)
Les poèmes sur les prisons n’ont que très rarement complété les très nombreuses sources officielles et institutionnelles pour une recherche en histoire. Les études sur la poésie carcérale à l’époque victorienne portent essentiellement sur les très nombreux poèmes issus de la littérature de colportage (vies, procès et exécutions de bandits et criminels). D’autres études, inscrites dans le champ de la littérature, traitent de la poésie de prisonniers éminents, Oscar Wilde en tête. Mais il est inhabituel d’utiliser la poésie dans une démarche d’analyse historique sur les vies de prisonniers et sur les politiques pénales. Les documents d’archives qui incluent une dimension créative, et qui plus est poétique, restent généralement moins exploités par les historiens.
Cette communication n’a pas pour objectif d’évaluer la valeur esthétique des écrits créatifs des prisonniers ou même de souligner la dimension d’évasion par la création artistique, ce qui est relativement banal. Elle a plutôt pour but d’établir un lien entre l’évolution des politiques pénales et carcérales et la production poétique derrière les barreaux. Du côté du chercheur, une forme d’émancipation des champs disciplinaires est nécessaire pour croiser les productions créatives et l’histoire des prisons. En effet, les poèmes peuvent être utiles aux historiens du social parce qu’ils nous renseignent sur les conditions (sociales mais aussi matérielles) d’émergence de la créativité dans un environnement contraignant. Cette présentation montrera donc que la production poétique est rendue possible au sein de l’institution mais aussi grâce à elle. Comment la poésie exprime-t-elle en même temps l’adhésion au système carcéral et une résistance face aux normes sociales et culturelles imposées au prisonnier ? Comment le genre poétique dominant entre les murs de la cellule et très contraint linguistiquement, s’impose-t-il au sein d’une institution qui elle-même prive l’individu de presque toute liberté ?
Parkin-Coates Eleanor, Université de Lorraine, eleanor.parkin-coates@univ-lorraine.fr
George Cruikshank’s Emergence as a Victorian Public Moralist
George Cruikshank (1792-1878) began his career as a Regency caricaturist, producing licentious, radical satires of the government and the authorities. Between the 1820s and 1840s, he produced his own scrapbooks and comic collections, and illustrated serial fiction, notably by Charles Dickens and William Harrison Ainsworth. This period also witnessed a shift in his concerns towards social and moral issues. In 1847, Cruikshank pledged himself to teetotalism, or the abstinence from alcohol, and henceforth wrote pamphlets, delivered speeches, and produced engravings and an oil painting for this cause. In this capacity, he was considered a ‘stern moralist’ and a respectable social reformer.
There is an incoherence between the young radical Cruikshank and the Victorian moralist; this evolution has been attributed to his changing politics, financial motivation, and the transformation of print culture. Overlooked is Cruikshank’s intellectual trajectory, notably his consciousness of his gradual emergence as a committed public figure. Cruikshank admitted a desire to produce art with a higher moral purpose, asserted the influence of his earlier productions, and attested to his long-term commitment to public issues. His subsequent productions, engaged in diverse causes, emancipated Cruikshank from the constraints of his reputation as a radical caricaturist and he thus emerged as a respectable Victorian ‘public moralist,’ or ‘intellectual.’
Adopting a methodological approach anchored in the cultural history of ideas, this paper considers Cruikshank’s productions in all their forms. It will argue that his conception of art, and his awareness of his own status in society, shaped the objects and forms of his engagement in various causes, as well as the publics he aimed to reach. It will thus contend that Cruikshank’s emergence as a Victorian moralist and respected public figure was intrinsically linked to his desire to liberate himself from the reputation his early career had provided him.
Rigal Raphaël, Université Gustave Eiffel, raphael.rigal@cantab.net
Sortir du canon: Elizabeth Siddall et la voix de l’émancipation
Cette communication se propose d’examiner la tension entre plusieurs jeux/je dans la poésie d’Elizabeth Siddall. Si elle n’a laissé que peu de textes, ceux-ci se démarquent néanmoins par la mise en scène d’une voix singulière, qui emprunte, mêle les influences, et joue avec les codes et les attentes pour faire émerger une poétique affirmée, loin d’être un simple reflet biographique. Les thèmes abordés et la combinaison d’une focalisation interne et d’une voix à la première personne pourraient en effet suggérer une dimension personnelle. Mais l’internalité de la narration est souvent rendue problématique par l’inclusion d’une forme ou d’une autre de décalage entre voix poétique et voix de l’autrice: vernis médiévaliste, inscription dans un tissu intertextuel reliant les oeuvres de Siddall à celles de Christina Rossetti, William Morris, ou Dante Gabriel Rossetti, voire perturbation de l’identité de genre. Plus qu’une simple manipulation poétique, ce travail sur les voix me semble une façon de jouer avec et de se jouer des canons: codes littéraires en premier lieu, mais aussi codes sociaux. Ce jeu n’est à mon sens pas gratuit, mais permet l’expression d’une critique de la société victorienne, autant qu’il traduit une volonté d’émancipation féministe. L’intertexte pré-raphaélite et rossettien (au sens large) renforce cette critique émancipatoire, en constituant avec la poésie siddalienne un réseau rhétorique unique. Les textes de Siddall ont cependant bien aussi leurs particularités, notamment dans l’intensité de l’union entre modernité de la voix et des enjeux politiques, d’une part, et classicisme d’une certaine imagerie médiévale et monothéiste. J’examinerai ces enjeux en m’appuyant principalement sur certains des poèmes les plus complets d’Elizabeth Siddall, comme “To touch the glove upon her tender hand”, “Ope not thy lips thou foolish one”, ou “Ruthless hands have torn her”; ceux-ci pourront être ponctuellement mis en regard de poèmes aux mécaniques ou aux thèmes semblables, comme “The Defence of Guen-evere” de William Morris ou “Sister Helen” de Dante Gabriel Rossetti, ou d’oeuvres picturales de Siddall.
Tassan Sophie, Université Paris-Cité, sophie.tassan@etu.u-paris.fr
Kirckudbright : un lieu de liberté artistique autour de la figure de Jessie M. King
En 1907, Jessie Marion King acquiert un ensemble de cottages baptisé « Greengate Close » dans le petit village côtier de Kirkcudbright. Les paysages de la côte ouest de l’Ecosse attirent en effet les artistes écossais comme étrangers et la ville est déjà connue pour la communauté artistique rassemblée autour du peintre E.A. Hornel, membre des « Glasgow Boys ». C’est sur les conseils de ce dernier que King achète une propriété qui comprend une maison du XVIIIe siècle sur High Street ainsi que plusieurs cottages disséminés sur un vaste terrain clos.
Ce n’est qu’en août 1915 que King s’installe à Kirkcudbright avec sa famille, après avoir passé une dizaine d’années à Paris où son mari et elle avaient ouvert une école d’art baptisée le Sheiling Atelier. King fédère alors autour d’elle un certain nombre d’artistes femmes, incarnant ainsi le pivot d’une petite colonie féminine et féministe. Des peintres comme des autrices séjournent alors plus ou moins régulièrement à « Greengate Close ».
A travers une brève étude de cette petite communauté artistique, je souhaiterai montrer comment « Greengate Close » a incarné un espace de liberté et d’émancipation à la fois artistique et sociale. En m’appuyant, entre autres, sur les travaux de Kaeva McMillan et de Karen Mailley-Watt et sur mes propres recherches, je verrai en quoi ce lieu peut être identifié comme un espace à la fois de création et de collaboration artistique mais aussi de solidarité féminine, en marge des institutions souvent dominées par les hommes. La « Greengate Coterie », telle qu’elle fut nommée à partir des années 1920, peut être vue comme un microcosme féministe au sein duquel les femmes se réapproprient l’espace tant physique que symbolique. Cette double identification, à la fois comme espace domestique essentiellement féminin mais aussi comme lieu de production artistique, politique et sociale, fait de « Greengate Close » un lieu à la marge qui neutralise les frontières entre l’intime et le public et au sein duquel les pratiques individuelles se mettent au service d’une émancipation collective féminine

